Archéologie

Quelques témoins archéologiques à Anderlecht : un voyage à travers le temps

Préhistoire : premières traces de vie au bord de la Senne

Le sol d'Anderlecht recèle des témoignages de présence humaine remontant au Néolithique. Des prospections au Champ de Sainte-Anne ont permis de mettre au jour des fragments de lames tranchantes, des grattoirs et une hache polie en silex, outils essentiels des premières communautés agricoles. La proximité des eaux de la Senne a sans aucun doute favorisé l'établissement de ces populations sur sa rive droite, offrant ressources et voies de communication naturelles.

Rendez-vous au Musée du Béguinage pour y découvrir une hache de 7000 ans en provenance de l’Âge de pierre en silex.

Protohistoire : l’âge des métaux révèle une occupation au Champ de Sainte-Anne

La protohistoire, cette période fascinante qui documente les sociétés sans écriture des premières civilisations historiques, est marquée par l'essor de la métallurgie. À Anderlecht, le Champ de Sainte-Anne témoigne d'une occupation durant l'Âge du Fer. Les archéologues y ont découvert quelques tessons de poterie ainsi qu'une remarquable crémaillère articulée en fer, conservée aujourd'hui aux Musées royaux d'Art et d'Histoire à Bruxelles. En 1990, une fouille a révélé une fosse circulaire renfermant une dizaine de tessons de poterie modelée, confirmant une présence humaine structurée à cette époque.

Antiquité : une « villae » romaine prospère le long d’une chaussée romaine

L'époque romaine a laissé des empreintes significatives à Anderlecht. Non loin d'une chaussée romaine secondaire (un diverticulum), une vaste villa, centre d'une importante exploitation agricole, a été mise au jour au Champ de Sainte-Anne. Son occupation s'étendrait du Ier siècle jusqu'à la fin du IIIe siècle après J.-C. Cette villa se composait d'un bâtiment principal, agrémenté d'une galerie, d'une pièce dotée d'un hypocauste (un ingénieux système de chauffage central par le sol, caractéristique de l'architecture gallo-romaine, notamment dans les thermes et les bains), d'une cour, de bâtiments agricoles et même d'un édifice thermal. Les fouilles ont permis de retrouver des vestiges de murailles recouvertes d'enduits de plâtras multicolores, des débris de tuiles et de carreaux de céramique, ainsi qu'une variété d'objets de poterie et des fragments métalliques. Pièce maîtresse de ces découvertes, une petite statuette en bronze représentant le dieu Mars nu, coiffé d'un casque corinthien, a été exhumée du site. Vous pouvez observer une copie de la statuette au Musée du Béguinage, l’original est aujourd'hui conservée aux Musées royaux d'Art et d'Histoire à Bruxelles.

 

 

Mars était une divinité majeure dans le panthéon romain, initialement associé à la fertilité et à la protection des récoltes, mais il est surtout connu comme le dieu de la guerre. La statuette est confectionnée en bronze, un alliage de cuivre et d’étain, couramment utilisé par les Romains. Elle figure le dieu Mars nu, une représentation classique du dieu de la guerre dans la mythologie romaine. Il est coiffé d'un casque corinthien, un type de casque militaire distinctif avec des protège-joues et une crête.

Moyen Âge : de la nécropole aux domaines seigneuriaux

Au milieu du Ve siècle, le territoire d'Anderlecht passe sous l'influence des Francs. Au VIe siècle, un cimetière mérovingien s'établit sur les ruines de la villa romaine, perpétuant une pratique courante de réutilisation des espaces des vaincus. Cette nécropole comptait plus de 400 sépultures, riches en mobilier funéraire comprenant des armes, des bijoux, des boucles de ceinture et des instruments de travail, témoignages de la vie et des coutumes de cette époque. Ces objets sont aujourd'hui conservés aux Musées communaux d'Anderlecht.

Mise au jour entre 1889 et 1899, cette nécropole aurait été utilisée de la fin du Ve siècle jusqu'à la fin du VIIe siècle. Parallèlement à cette nécropole, les sources historiques mentionnent l'existence de plusieurs propriétés seigneuriales et de nombreuses fermes sur le territoire d'Anderlecht, illustrant l'organisation rurale et sociale de cette période.

Un scramasaxe et une urne ont été trouvés au Champ de Sainte-Anne. Le scramasaxe est une arme mérovingienne à trois usages différents : un côté tranchant pour couper, un côté plat pour frapper et une pointe pour poignarder. L’urne fut une offrande funéraire.

Un objet plus récent datant de la 2e moitié du XIVe siècle, un trépied à raisin, a été trouvé à côté des murs du Béguinage.

Période modernes et contemporaines : un riche patrimoine immobilier

L'Atlas du sous-sol archéologique d'Anderlecht témoigne de nombreux moulins qui ont rythmé la vie économique, des fermes illustrant l'activité agricole persistante, des auberges lieux de convivialité, ainsi que de monuments religieux qui y sont répertoriés, offrant un aperçu de l'évolution du paysage et de la société anderlechtoise au fil des siècles.

Atlas du sous-sol archéologique de la Région de Bruxelles — Patrimoine – Erfgoed

Pour découvrir l’archéologie anderlechtoise et ses vestiges nombreux et exceptionnels, le musée du Béguinage offre une porte d’entrée incontournable. Une multitude d’objets et des visio-guides y dévoilent généreusement l’histoire d’Anderlecht. Deux parcours distincts existent : l’un pour adultes et l’autre pour enfants.

Lien FR Béguinage - Erasmus House
Lien NL Welkom - Erasmus House
Lien EN The Beguinage - Erasmus House

Urban.brussels : Les traces d'outils comme critères de datation / Frédéric Leroy in Les Nouvelles du Patrimoine, n°129 (octobre-novembre-décembre 2010)